(Bird Box, 2014),

Malorie, héroïne de Bird Box, vit barricadée avec ses deux enfants de quatre ans. Il est interdit de regarder dehors, de sortir, et quand la nécessité les y pousse, c’est les yeux bandés qu’ils s’aventurent à l’extérieur. Garçon et Fille ont été élevés jusqu’à ce jour, ce grand jour où enfin tombe le brouillard qui permet à Malorie de quitter la maison et de rejoindre une barque sur la rivière attenante. Les yeux bandés, ils doivent ramer et se diriger au fil de l’eau, à l’écoute du moindre bruit. Toujours sur le qui-vive, ils se méfient des créatures qui certainement les épient et attendent qu’ils soulèvent un coin de leur bandeau pour les rendre fous.

Des créatures ? Quelles créatures exactement ? A l’instar de Malorie, le lecteur s’interroge sur la nature de ce qui a conduit l’humanité à sa perte, ou peu s’en faut. A travers une série de flash-back, Josh Malerman retrace le passé de Malorie depuis les premiers symptômes de la folie qui la sépare de sa famille et la pousse à rejoindre les résidents d’une maison barricadée, jusqu’à sa fuite sur la rivière. Et plus particulièrement les quelques mois qu’elle a passés en compagnie de ceux qui organisent leur survie du mieux possible. On sait d’emblée que Malorie sera la seule rescapée.

Reste donc à savoir ce qui s’est passé entre les résidents. Car la maison se présente comme un microcosme : si on comprend ce qui se passe pour eux, peut-être comprendra-t-on ce qui se passe ailleurs, à l’extérieur… Et le lecteur de s’interroger : s’agit-il d’un danger bien réel ou d’une hystérie collective comme certains s’en persuadent ? Y a-t-il une véritable menace là, derrière la porte, ou bien la paranoïa construit-elle ses propres monstres ?

La grande réussite de Bird Box est de jouer avec la nature de ce qui fait peur, plus que sur la peur elle-même. Car qu’il soit réel ou pas, le danger crée rapidement une tension qui se transforme en terreur devant l’inconnu. Le lecteur s’interroge, puis s’angoisse sur le sort réservé aux divers protagonistes, sur la véritable nature des créatures qui ne sont jamais précisément décrites. Ce qui bien sûr permet d’entretenir le suspens mais aussi de réfléchir à l’emprise de la peur, aux vagues d’hystérie collective dans une société inquiète où l’information se manipule et où le collectif remplace la conscience critique en cas de crise.

 

Bird Box

Josh Malerman traduit de l’anglais (américain) par Sébastien Guillot
Calmann-Lévy (Orbit), septembre 2014
373 pages, 20.90€

Bird Box, parution originale : 2014





14 réponses à « Bird Box de Josh Malerman »

  1. Cachou
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
  2. Flora
    1. Sandrine
    1. Sandrine

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