
Parce que les éditions Mirobole ont décidé de tourner notre regard vers la méconnue littérature slave, au sens large, et encouragée par de nombreux avis positifs, j’ai ouvert Vongozero avec plaisir, voire avec enthousiasme. Hélas, mille fois hélas, je me suis terriblement ennuyée à la lecture de ce roman qui raconte le périple de quelques banlieusards moscovites à la recherche d’un lieu où échapper à l’épidémie mystérieuse qui décime le pays.
Je suis d’abord partie sur une méprise : je croyais qu’il s’agissait d’un roman de zombies. Il a bien fallu me rendre à l’évidence : pas de morts-vivants, les hommes et les femmes touchés par l’épidémie d’on ne sait quoi ne reviennent pas à la vie, sous quelque forme que ce soit.
J’étais cependant prête à vivre l’aventure avec Anna, son fils, son mari Sergueï, l’ex-femme de celui-ci, leur fils, quelques voisins et amis… une grosse dizaine de personnes au total qui décident de fuir les villes en voitures pour rejoindre Vongozero, son lac avec son île au milieu. De l’annonce des premières morts à la fin du périple, quatre cent soixante-dix pages d’une lenteur effrayante. Un petit incident de temps en temps (rencontres avec des autochtones plus ou moins bien intentionnés, plus d’essence, arrêt pipi, dodo…) ne parvient pas à dynamiser la narration, qui se traîne sur des routes désespérément blanches, aussi monotone que les paysages.
La narratrice n’a suscité en moi ni émotions ni empathie, son ton est aussi froid que le reste et les quelques tentatives pour l’humaniser sont restées vaines à mes yeux. Yana Vagner écrit l’apocalypse en cours en restant à la surface des personnages. Quels mécanismes de survie prennent le dessus ? Comment ces conditions extrêmes modifient-elles les comportements ? Que deviennent les valeurs traditionnelles en cas de crise majeure ? Je n’ai rien lu ici sur le sujet qui se cantonne à une description matérielle du pays vue par l’œil d’une seule protagoniste. Les interactions entre les personnages, peut-être parce qu’ils sont trop nombreux, demeurent superficielles : on ne sait rien de ce qui agite les uns et les autres, et les atermoiements de la narratrice ont eu raison de mon intérêt.
Vongozero
Yana Vagner traduite du russe par Raphaëlle Pache
Mirobole Editions, septembre 2014
470 pages, 22€
Vongozero, parution originale : 2011
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