Les pierres qui pleurent de Danielle Martinigol

Après plusieurs dizaines de romans jeunesse résolument tournés vers la science-fiction, il semblerait que Danielle Martinigol s’intéresse aussi aujourd’hui à un autre genre : le roman historique. Les Pierres qui pleurent conjuguent les deux, tout en restant ancré dans notre présent. C’est fort, non ?

Pierrel et Tim sont jumeaux et amis de Najoie. En cette période de vacances, tous trois passent beaucoup de temps sur le chantier de construction du château de Guédelon : le père des jumeaux est le gardien du chantier et Najoie se passionne pour le Moyen Age. Ils y rencontrent Tessa qui court après son acrobate de petit frère. Et c’est tous les cinq qu’ils se retrouvent emportés dans le temps, à l’époque où le château aurait pu être construit : le XIIIe siècle.

Écrire un roman historique (même pour partie seulement) est un exercice au moins aussi difficile que d’écrire de la SF, alors les deux en même temps… Le piège du genre est de surcharger le lecteur d’explications contextuelles et événementielles : lui raconter l’Histoire plutôt qu’une histoire. Il faut donc lui apporter sans en avoir l’air, les précisions nécessaires pour qu’il comprenne l’époque évoquée. Ici en l’occurrence il s’agit de très jeunes lecteurs qui ont peu de connaissances (ou des « connaissances » modernes véhiculées par des films et séries que je ne nommerai pas…) mais qui souvent s’intéressent aux châteaux et aux chevaliers. Quelques notes de bas de page (mais pas trop), des dialogues dynamiques et des renseignements naturellement amenés : voilà une recette qui fonctionne.

Quoi de plus passionnant dès lors que l’actuelle construction du château de Guédelon qui offre un parfait théâtre à l’intrigue. Les jeunes protagonistes voyagent dans le temps grâce à un mystérieux chat casqué et découvrent la vie dans un vrai château médiéval. Et parce que rien n’est trop grand pour un roman, ils y rencontrent Louis IX, pas encore Saint-Louis, et Rutebeuf le poète. Et une jeune fille en peine car son père est accusé à tort. Et si ses larmes étaient à l’origine des pierres qui pleurent au château de Guédelon ?

Premier opus de la collection « Aventures à Guédelon », Les Pierres qui pleurent a de quoi séduire son public cible. Je regretterai juste que le projet si original de la construction du château ne soit pas explicité en début d’ouvrage pour que le jeune lecteur qui l’ignorerait sache qu’on est bien aujourd’hui en train de construire un château fort comme au XIIIe siècle.

Danielle Martinigol sur Tête de lecture

 

Les Pierres qui pleurent

Danielle Martinigol
ActuSF (Aventures à Guédelon), mars 2016
154 pages, 5€





4 réponses à « Les pierres qui pleurent de Danielle Martinigol »

    1. Sandrine
    1. Sandrine

Laisser un commentaire

Recevez des nouvelles de Tête de lecture par mail