
La seule façon d’envisager l’avenir à Blackwater, c’est de gagner la Course. Pour ainsi gagner le droit de rejoindre la Base, là où se sont réfugiés les nantis et échapper au ciel toxique qui ruine la planète. A la violence et à la misère aussi. Mais pour participer, il faut s’acquitter des droits d’inscription. Adam Stone donne à manger au cochon chez le vieux Dagg, c’est tout ce qu’il a trouvé pour gagner de l’argent. Et maintenant qu’il a la somme en poche, il zone aux alentours du garage de Sadie, sans trouver le courage de s’inscrire. Car pour participer, l’argent ne suffit pas : il faut du courage, beaucoup de courage car de nombreux participants meurent durant la course.
Frank, le frère d’Adam a laissé une jambe dans la Course de Blackwater. Jadis leur père a participé lui aussi, sur la même békane, une Longthorn, que seuls les membres d’une même lignée peuvent conduire. Mais le père, devenu mineur pour subvenir aux besoins de ses fils après la mort de sa femme, s’est suicidé. Les deux frères sont seuls, en proie à l’animosité de Levi, le chef du clan des Scorpions, qui en veut à l’argent d’Adam. Mais surgit Kane, de nulle part, qui prend la défense d’Adam et l’incite à s’inscrire. Adam va la faire cette Course, avec en tête les préceptes de son frère dont il doit venger la mort : ne jamais faire confiance à personne. Mais Adam est un tendre qui prend le trop jeune Nate en pitié et qui surtout est raide dingue de Sadie, la békanicienne, sœur de Levi et fille du Colonel, celui qui contrôle tout à Blackwater, y compris le déroulement de la course.
Western futuriste à la Mad Max, Stone Rider se lit tambour battant, au rythme de cette course aussi mortelle qu’effrénée. Le parcours des participants est semé d’embûches, d’obstacles vicieux mais aussi de bandits, de loups et, dit-on, d’une tribu cannibale. Les laissés-pour-compte de Blackwater vont rencontrer plus miséreux et plus dangereux qu’eux sans cesser d’être observés par les nantis qui du haut de leurs vaisseaux surveillent et commentent la course. Comme de la télé-réalité en quelque sorte. Car Stone Rider est aussi un jeu à la vie à la mort comme on en lit beaucoup aujourd’hui en littérature pour adolescents. Violence, amourette et action sont aussi au rendez-vous, avec un quelque chose en plus dans les personnages qui les distingue du lot. Ils sont assez mystérieux et ambigus pour retenir l’attention jusqu’au bout, grâce notamment à une suite de révélations inattendues.
L’originalité n’est pas le point fort de Stone Rider mais le roman est efficace et bien mené.
Stone Rider
David Hofmeyr traduit de l’anglais par Alice Marchand
Gallimard Jeunesse, août 2015
311 pages, 15€
Stone Rider, parution originale : 2015
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