Hilarion : l'araignée d'Apollon de Christophe Estrada

Un deuxième roman, de surcroît deuxième volume d’une série, est un cap périlleux. D’autant plus quand le premier a suscité louanges et enthousiasme. Après Hilarion, l’énigme des fontaines mortes, je l’attendais avec impatience ce nouveau roman policier historique de Christophe Estrada. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé le même plaisir de lecture.

Hilarion m’avait plu par sa complexité, son originalité, la vision sociale qu’il nous offrait. Un XVIIIe siècle pré-révolutionnaire, en Provence où l’énigmatique chevalier Hilarion enquêtait sur les turpitudes de l’aristocratie provinciale. Mais L’Araignée d’Apollon nous transporte en 1777 à Versailles, ce qui est d’emblée un mauvais choix, à mes yeux. Il y a déjà longtemps que je suis lasse des romans versaillais, qu’ils soient du Grand Siècle ou du suivant.

Le roi donc, la reine et de prétendues coucheries bien peu royales. Alors qu’on charge Hilarion d’identifier officiellement l’auteur de libelles infamants à l’encontre de la jeune reine, leur auteur présumé est retrouvé pendu dans un grenier. Il s’avère bien vite qu’on l’a aidé à se pendre. Hilarion enquête ; un autre cadavre apparaît ; un certain marquis lui cherche des noises sans qu’on sache pourquoi.

L’intrigue n’est pas prenante. On se fiche bien de savoir qui a écrit sur les amours présumées de Marie-Antoinette et de son beau-frère. L’enjeu peine à soutenir l’attention sur plus de quatre cents pages. Il y a certes des mystères connexes (la réapparition du père détesté d’Hilarion, qu’il a pourtant tué, les amours de Pierre son valet et de la fraîche Toinette, la haine du marquis…) qui auront des liens avec l’intrigue principale mais ils ne sont pas de taille à maintenir l’intérêt.

L’araignée d’Apollon compte un grand nombre de M. de Quelque chose, ministre de ci, M. de Ceci, maître d’hôtel de ça, M. de Truc, premier commis de M. de Bidulle : c’est épuisant. On s’y perd tout aussi facilement que dans les couloirs et recoins de ce glacial château. Sans compter les capitaines des gardes, les Suisses et les frotteurs de parquet. Ça fourmille, mais ça embrouille.

Je ne peux que vous rappeler que Hilarion : l’énigme des fontaines mortes, est un formidable roman policier historique, de très loin un des meilleurs que j’ai lus. Lisez-le. Je serai au rendez-vous du troisième roman de Christophe Estrada, puisqu’Hilarion à la fin de ce second opus quitte le château et n’y reviendra certainement pas.

Christophe Estrada sur Tête de lecture

 

Hilarion : l’araignée d’Apollon

Christophe Estrada
Actes Sud (Actes Noirs), 2016
ISBN : 978-2-330-06629-1 – 436 pages – 23 €





12 responses to “Hilarion : l’araignée d’Apollon de Christophe Estrada”

  1. Audrey
    1. Sandrine
  2. Athalie
    1. Sandrine
      1. Athalie
  3. Athalie
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine

Laisser un commentaire



Recevez des nouvelles de Tête de lecture par mail