Six-Quatre de Hidéo Yokoyama

J’ai donc lu un roman japonais. Ça ne m’arrive pas souvent, on peut même dire que c’est rare. En vingt ans, j’ai lu neuf romans japonais de huit auteurs différents. Celui-là avait tout du roman policier qui pouvait me plaire. Pour vous en convaincre, voici le résumé proposé par la quatrième de couverture de Six-Quatre de Hidéo Yokoyama :

Le six-quatre? Une affaire non résolue qui remonte à l’an 64 du règne de l’empereur Shôwa. Une fillette de sept ans enlevée et assassinée sans que l’on parvienne à arrêter son ravisseur. Quatorze années ont passé, l’empereur n’est plus le même, mais la plaie reste ouverte pour cette région du nord de Tokyo. Dans cette année civile 2002, la prescription des faits approche. Pourtant, pas question de baisser les bras. Le grand chef de la police nationale doit venir l’annoncer officiellement au père de la victime et à la presse. Le commissaire Mikami, en charge des relations publiques depuis peu, a une semaine pour organiser la visite…

C’est tentant, non ? Sauf que le Six-Quatre et le mystère de la gamine assassinée, c’est un quart du roman. Les trois-quarts ce sont les relations entre la police et la presse au Japon et le fonctionnement de la hiérarchie dans la police japonaise. Et ça, ça ne m’intéresse pas, mais alors pas du tout. J’en suis certaine vu que je viens de m’avaler les 610 pages de ce roman sans en sauter une seule. Et à la vérité, je n’ai même pas lu la quatrième de couv’ avant de l’entamer (ni même en cours de lecture). Car ce roman m’a été conseillé suite à mon appel pour mes 20 ans de blog. Et pour Fanja qui me l’a conseillé, c’est un livre formidable. Elle l’écrit dans sa chronique : elle a adoré ce roman (je l’imaginais mal me conseillant le pire livre de sa vie…). Donc je le lis.

On suit donc un certain Mikami qui après 24 ans passés comme inspecteur aux affaires criminelles se retrouve attaché de presse de la police départementale. Ça n’est pas une promotion, et on ne sait pas ce qui lui vaut ce placard… Il fait donc désormais partie de l’Administration, en guerre avec la Police Judiciaire. Il a l’honneur chevillé au corps et essaie de faire de son mieux. Justement, voilà que le grand manitou de la police arrive dans une semaine pour une interview express sur les lieux de l’assassinat d’une petite fille quatorze ans plus tôt. L’assassin court toujours, un vrai fiasco pour la police et la prescription est pour bientôt. Mikami doit convaincre le père d’accepter la visite et manager les journalistes qui sont autrement tenus en bride que chez nous. Ça ne les empêche pas d’être mécontents.

Il y a beaucoup de personnages dans Six-Quatre de Hidéo Yokoyama, vraiment beaucoup. Et bien sûr, ils ont des grades et des fonctions. Akama, directeur des Affaires administratives, Sakaniwa, son prédécesseur, Arakida, directeur de je ne sais plus quoi, Futawatari, inspecteur, Ishii, chef du secrétariat, Osakabe, directeur du bureau des enquêtes criminelles à la retraite, Kozuka, directeur général, Urushibara, commissaire, Hiyoshi du labo scientifique, Matsuoka, Mochizuki, Ochiai, Suwa, Kuramae, Mikumo… Vous êtes toujours là ? J’arrête la liste, longue comme mon bras de personnages aux noms très semblables et aux fonctions extrêmement opaques (j’ai pris des notes pourtant, dès le début !). Et malheureusement, une bonne partie de l’histoire tient sur ces fonctions, sur les rivalités entre l’Administration et la PJ.

C’est ce qui a tant plu à Fanja qui écrit : « j’ai adoré découvrir ici les règles de communication et les négociations qui peuvent se transformer en véritables bras de fer [entre la police et les journalistes]. Sans parler des rapports hiérarchiques au sein de la police japonaise et de leurs différents départements. Sociologiquement, ce roman est très instructif sur la culture japonaise qui est quand même sacrément complexe, et comme toujours quand il s’agit du Japon, découvrir leur système social et leur mode de vie est tout bonnement fascinant« . Nous n’avons clairement pas le même horizon d’attente…

J’ai quand même tout lu, pour honorer la proposition qui m’a été faite. Et à partir de la page 450, l’intrigue autour du Six-Quatre commence à s’agiter et ça devient plus intéressant. A la fin du roman, on sait qui est le meurtrier de la gamine et l’affaire est résolue (à un moment, j’ai cru qu’on ne le saurait jamais). Mais le prix à payer est d’au moins 200 pages de trop, à mon goût…

Je ne regrette cependant pas ma lecture, proposée avec enthousiasme : je n’ai pas su m’adapter à ce roman…

 

Six-Quatre

Hidéo Yokoyama traduit du japonais par Jacques Lalloz
Liana Levi, 2017
ISBN : 978-2-86746-951-0 – 615 pages – 23 €

Rokuyon, parution originale : 2012

 

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37 réponses à « Six-Quatre de Hidéo Yokoyama »

  1. keisha41
  2. je lis je blogue
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      1. Choup

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