Madelaine avant l’aube de Sandrine Collette

L’ennui m’a prise très vite à la lecture de Madelaine avant l’aube de Sandrine Collette. La romancière plonge le lecteur au coeur d’un monde paysan intemporel, forcément miséreux. Aucun repère, même pour ce qui est de l’énonciation. Un narrateur raconte la vie de ce hameau rythmé par les saisons et donc les famines. Trop de froid, trop de pluie, trop de vent, trop de soleil. La nature est peu clémente et les hommes travaillent toute leur courte vie pour seulement manger.

Le lecteur recolle les morceaux d’une histoire familiale qui ne lui est pas racontée. Aelis et Ambre, sœurs jumelles et très belles, ont épousé Eugène et Léon. Aelis et Eugène ont trois garçons, Ambre et Léon n’ont pas d’enfant. La petite Madelaine déboule un jour de nulle part et devient la fille d’Ambre et Léon. La petite ne veut pas se laisser enfermer dans son statut de fille (considération incontournable dans tous les romans qui aujourd’hui racontent des destins féminins) bien qu’elle soit moins forte physiquement que les garçons (elle ne peut pas tirer l’araire). Elle a cependant du caractère (évidemment), plus que les garçons, plus que les adultes : quand elle a faim, elle tue un chevreuil, ce qui pétrifie de peur les paysans soumis.

Car sur eux règnent les Ambroisie, les maîtres, dont Ambroisie-le-Fils, le violeur, « l’ennemi absolu, celui qui fait le mal et celui qui gagne cependant ».


Tous les livres de Sandrine Collette chroniqués sur Tête de lecture


J’ai trouvé Madelaine avant l’aube très très long. En fait, une fois la dernière page tournée, j’attendais toujours une histoire. Il se passe bien quelque chose dans le dernier quart du livre, mais trop tard pour sauver le roman à mes yeux.

Madelaine avant l’aube est une évocation, voire parfois d’une invocation. Les gens naissent, les gens meurent, ils sèment mais ne s’aiment pas beaucoup, trop pris par le travail. Je me suis très vite lassée du retour des famines, de l’absence d’enjeux romanesques et de vies misérables dans un hameau rural d’Ancien Régime, probablement médiéval. C’est répétitif, comme l’étaient sans doute ces vies, et donc lassant. D’ailleurs pour être complet, il manque au tableau de cette vie de servage la soumission au clergé. Pas de curé et pas d’église dans ce quotidien, ce n’est pas réaliste.

J’ai beaucoup aimé Sandrine Collette à ses débuts, mais elle a abandonné le suspens psychologique pour ici le roman historique sans enjeu. Certes, quelques belles descriptions parsèment çà et là le roman mais ne parviennent pas à le sortir d’une atmosphère lugubre asphyxiée de répétitions.

 

Madelaine avant l’aube

Sandrine Collette
Lattès, 2024
ISBN : 9782709674539 – 252 pages – 20,90 €

 

Sur le même thème :





49 responses to “Madelaine avant l’aube de Sandrine Collette”

  1. aifelle
  2. je lis je blogue
  3. keisha41
  4. bulledemanouec671473c7
  5. Violette
  6. philippedesterb599461a21
  7. luocine
  8. catherinevillanova
      1. Bellin

Laisser un commentaire



Recevez des nouvelles de Tête de lecture par mail