La tragédie de l'orque de Pierre Raufast

Pierre Raufast est un romancier dont j’ai entendu souvent du bien sur la blogosphère littéraire, notant qu’il maniait bien l’humour. J’ai choisi de le découvrir à travers sa série de science-fiction : La trilogie baryonique, dont La tragédie de l’orque est le premier volume . J’aurais dû me méfier : un titre dont déjà je ne comprends pas le sens, j’aurais dû me méfier…

Pour les plus curieux, sachez que le mot « baryonique » ne figure pas dans le Robert en ligne. Mais on y trouve « baryon » (attention accrochez-vous!) : « Physique Hadron lourd, particule élémentaire formée de trois quarks ». Voilà petits curieux, vous êtes bien avancés…

Nous sommes en 2173. Au XXIe siècle, la Terre a perdu 4 milliards d’individus en raison du dérèglement climatique et des grandes migrations qu’il a engendrées. L’humanité restante a développé des robots appelés Sofias qui accompagnent les humains dans tous leurs choix et décisions. Ils sont bienveillants mais connaissent tout des humains qu’ils accompagnent, absolument tout. Fatalement, certains s’opposent à ce déni d’intimité et se font traiter de complotistes par ceux qui sont pour. Exactement comme aujourd’hui, sauf qu’on est en 2173…

Par ailleurs, la découverte de la fusion nucléaire, énergie propre et quasi infinie, a réglé beaucoup des problèmes actuels. Les nations ont signé le Energy Pact Of Nation (EPON) dont je vous passe les détails.

Il est question de deux vaisseaux spatiaux qui chacun de leur côté arpentent l’univers pour trouver de l’antimatière. D’un côté : Youri, en fin de carrière, et Tom ; de l’autre, Sara et Slow, une jeune génie (et sa tortue Caroline). Ils naviguent bien loin du système solaire.

Ce sont des mineurs d’un nouveau genre qui travaillent pour l’Agence de recherche d’antimatière, créée en 2126. Ils sillonnent l’univers, prélèvent des échantillons et prennent des notes pour que sur Terre les scientifiques en tirent profit. Ou pas. Car jamais aucun mineur d’espace temps n’a trouvé d’antimatière mais tous l’espèrent car elle permettrait de fabriquer des ordinateurs quantiques miniatures. Ne me demandez pas à quoi serviraient des ordinateurs quantiques miniatures, s’il vous plaît… En fait, je m’en fiche. Ce qui m’intéresse depuis toujours dans la science-fiction ce n’est pas la science mais les humains derrière.

Et c’est bien dommage car Pierre Raufast tartine des pages de termes et de démonstrations aussi incompréhensibles pour moi qu’indigestes. C’est le gros écueil qui a failli me faire abandonner La tragédie de l’orque. Malheureusement, ces tunnels explicatifs se retrouvent quand il s’agit d’évoquer le passé de l’humanité (ce qui s’est passé entre notre époque et l’an 2173) : c’est le plus souvent très maladroitement amené avec des formules du genre « mais je te raconte ce que tu sais déjà ».

Le lecteur suit les deux vaisseaux alternativement mais aussi ce qui se passe sur Terre. D’une part auprès de Ness, la femme de Sara, et de Mia sa fille adolescente que Sara a laissées sur Terre. On suit aussi l’Agence de recherche d’antimatière en but à des conflits avec l’Institut de la stratigraphie qui étudie et cartographie les strates de l’univers. Maximilien est le père de Sara. Il est aussi le directeur honoraire de l’Agence.

On sait dès la première page qu’un accident va survenir. C’est l’orca des deux femmes qui se trouve en danger. Si personne ne va les aider, elles ne pourront plus rentrer sur Terre. Les deux hommes, sur le retour vers la maison, acceptent de se détourner pour leur venir en aide. Il y a donc un aspect « perdu dans l’espace » que j’ai trouvé tout à fait intéressant, comme dans un bon space opera. Intéressantes aussi les tensions que crée la mission sur Terre : sauver deux mineuses au risque d’en perdre deux autres ainsi que deux vaisseaux ? Tous ne sont pas d’accord.

Et, tadam !, la cerise sur le gâteau est le double-jeu joué par le grand manitou qui chapeaute l’Agence et l’Institut. Je ne vous en dirai rien mais il corse l’intrigue et titille la curiosité du lecteur : mais pourquoi les orcas sillonnent-ils vraiment l’espace ? Et la découverte de Sara et Mia va-t-elle bouleverser l’avenir sur Terre ? Car oui, les deux mineuses d’espace temps font une incroyable découverte…

Le suspens rattrape les longues pages ennuyeuses d’exposition et explications. D’autant plus ennuyeuses qu’elles « expliquent » en employant des mots et des concepts incompréhensibles, propres à la hard science et qui par ailleurs n’apportent rien.

 

La Trilogie baryonique – 1 : la tragédie de l’orque

Pierre Raufast
Aux Forges de Vulcain (Fiction), 2023
ISBN : 978-2-37305-679-2 – 368 pages – 20 €

 

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38 responses to “La tragédie de l’orque de Pierre Raufast”

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