La grande peur dans la montagne de Charles ferdinand Ramuz

Charles Ferdinand Ramuz figure parmi les auteurs suisses les plus connus. Je ne l’avais encore jamais lu et je profite donc d’une invitation à lire l’Europe des années 20 (1920) pour me lancer, pleine d’allant et de confiance à l’assaut de cette montagne suisse de la littérature. Je choisis La grande peur dans la montagne sur le site litteratureaudio.com.

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas gravi la montagne jusqu’en haut. Quel ennui, mais quel ennui ! On a un groupe de villageois en manque de pâturages et un pâturage qui ne demande qu’à être brouté. Oui mais voilà, vingt ans plus tôt, un drame, que dis-je un drame, une tragédie, a eu lieu durant l’estive. Depuis, plus personne à Sasseneire ne veut s’y rendre. Mais un groupe de jeunes têtes brûlées inconscientes décident que ça suffit toutes ces vieilles histoires de bonnes femmes. On vote en conseil. Et voilà sept gaillards partis avec le troupeau, faisant fi des vielles croyances.

Voilà pour la version courte, la mienne. Sous la plume de Ramuz, ça dure, ça dure, ça dure. Et rien ne m’intéresse. Rien de tout ça ne m’inquiète ni me donne envie de prolonger ma lecture. Je monte quand même à l’estive avec nos gaillards et j’attends d’avoir peur, la grande peur dans la montagne bien sûr.

Et, eux, ils furent de plus en plus petits, là-haut, sous les parois de plus en plus hautes, qui furent grises aussi, d’un gris sombre, puis d’un gris clair ; puis, tout à coup, elles sont devenues roses, faussement roses, parce que ce n’est pas une couleur qui dure ; c’est une couleur comme celle des fleurs, une couleur trompeuse, qui passe vite, car il n’y a plus de fleurs ici, non plus, ni aucune espèce de vie ; et le mauvais pays était venu qui est vilain à voir et qui fait peur à voir. C’est au-dessus des fleurs, de la chaleur, de l’herbe, des bonnes choses ; au-dessus du chant des oiseaux, parce que ceux d’ici ne savent plus que crier. La corneille des neiges, le choucas au bec rouge ; les oiseaux noirs ou blancs ou gris qui peuvent encore vivre ici, mais sans chansons ; à part quoi il n’y a rien et plus personne, parce qu’on est au-dessus de la bonne vie et on est au-dessus des hommes…

Eh bien amis lecteur, si vous voulez savoir ce qui jadis a fait peur aux habitants du village, lisez ce roman car moi, je n’en ai pas eu la patience. Il vous faudra passer par les amours de deux jeunes villageois, par le plan de table (qui est assis où semble important…) et diverses considérations sur la montagne qui ne m’ont pas touchée du tout. Pour ce qui est de la nature, c’est bucolique, guère plus.

Tout m’a semblé très caricatural. Les agissements des uns et des autres et surtout leur langue qui n’est que répétitions. Et comme les personnages ont trois mots à leur actif, c’est vite lassant. Sans doute le procédé reflète-t-il le langage de l’époque mais je préfère la littérature au parler paysan, même romand. Il y a une volonté de réalisme jusque dans le vocabulaire, malheureusement.

J’ai donc écouté plus de la moitié de ce roman sans ressentir la moindre tension, sans m’émerveiller devant le moindre paysage de montagne. Au contraire, mon attention s’éparpillant, les changements de narrateurs ont eu raison de ma compréhension.

Et la peur, où est-elle ? Tant d’écrivains ont su et savent semer l’angoisse, couver le suspens pour envelopper le lecteur dans un malaise intense bien que littéraire… Mais ici, pas l’ombre d’un sursaut ni le début d’un frisson, rien.

Ce texte a cent ans et le temps ne l’a pas épargné. C’est un mauvais roman de terroir avec des personnages caricaturaux voire mièvres pour certains qui parlent une langue que je n’ai pas envie de lire.

On trouve pourtant des chroniques dithyrambiques sur le site Babelio.

 

La grande peur dans la montagne

Charles Ferdinand Ramuz
LGF (Le Livre de Poche), 1975
ISBN : 9782253010968 – 192 pages – 6,90 €

Parution originale : 1926

 

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39 réponses à « La grande peur dans la montagne de Charles Ferdinand Ramuz »

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