Chemins toxiques de Louis Sachar

Tamaya est en CM2 et Marshall en 5e, autant dire qu’elle n’existe pas pour lui. Mais voilà, elle n’est pas autorisée à emprunter seule le chemin de l’école et comme ils sont voisins, ils font route en semble. Et puis bon, elle est sympa Tamaya, un peu fayotte mais sympa. Jusqu’à présent, ça se passait plutôt bien à l’école pour Marshall, mais le nouveau, Brad, a décidé de faire de lui sa tête de Turc et la classe entière s’est liguée contre lui. Brad l’attend à la sortie pour lui faire la peau.

Alors Marshall décide d’emprunter un raccourci pour rentrer, de faire un détour plus exactement pour ne pas avoir à affronter son ennemi. Tamaya ne doit pas prendre par les bois mais elle ne doit pas non plus rentrer seule. Elle décide de suivre Marshall. Et tous deux vont rencontrer Brad qui s’en prend aussitôt violemment à sa victime préférée. Pour défendre son ami qui a le dessous, Tamaya empoigne un paquet de boue et le lance à la figure de Brad : début d’un drame, d’une catastrophe même qui aurait pu avoir des conséquences désastreuses sur l’humanité.

Parallèlement à l’histoire un peu longuette des trois principaux protagonistes, le lecteur suit les notes du procès d’un scientifique qui a inventé une nouvelle forme de vie. Il s’agit d’un micro-organisme utilisable en lieu et place du carburant traditionnel. Il a la capacité de se multiplier seul à très grande vitesse. Sa Biolène, c’est à la ferme Sunray qu’il l’a fabriquée, mitoyenne de l’école de Tamaya et Marshall.

Face au spectre de la surpopulation, un savant excentrique, plein de bonnes intentions crée un organisme qu’il ne contrôle pas pleinement. Dépassé par sa création, il fait plus figure de sorcier que de scientifique. N’est pas démiurge qui veut. Plane à l’horizon le spectre de la surpopulation et de l’exponentiel développement des hommes sur Terre, à l’image des micro-organismes nocifs de la Biolène.

A ces fort intéressantes pistes de réflexion, Louis Sachar superpose l’histoire des trois élèves, particulièrement celle de Tamaya, jeune fille un peu gnangnan. Première de la classe, sa personnalité peu attrayante devient intéressante quand on la comprend victime de la Biolène et non d’un urticaire, comme elle le croit. Mais elle-même ne s’intéresse pas vraiment à ses petits boutons qu’elle tartine de crème et tout ça est bien long.

Qu’on me permette d’en finir en soulignant qu’aujourd’hui encore, les petits Américains mangent au déjeuner des sandwichs au beurre de cacahuète ET à la confiture…

 

Chemins toxiques

Louis Sachar traduit de l’anglais (américain) par Jean-François Ménard
Gallimard, avril 2016
234 pages, 12€

Fuzzy Mud, 2015

 

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5 responses to “Chemins toxiques de Louis Sachar”

  1. Gaëlle
    1. Sandrine
      1. Gaëlle
    1. Gaëlle

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