
« L’idée » de départ est l’instauration d’une dictature écologique : puisque l’être humain est incapable de faire ce qu’il faut de son propre chef, on va l’y contraindre. L’approche est intéressante et peut permettre d’imaginer ce que deviendrait la société française sous un tel régime. Très malheureusement, tout est survolé et le lecteur ne tarde pas à lire un mauvais scénario de film américain, comme la couverture le suggère très bien.
Samuel Bourget est contrôleur de gestion dans le secteur de l’automobile. Un secteur propre puisque son entreprise recycle les vieux pneus. Sauf que c’est faux, qu’il le sait, et signe des autorisations à tour de bras sans se poser de questions. Ainsi achète-t-il un appartement flambant neuf pour sa gentille petite famille. Il y a Sylvia, sa femme magnifique et douce qui le trompe, il le sait mais ne dit rien, il y a un fils encore enfant et une fille ado, bien sûr écolo.
Et voilà qu’après Macron, une présidente écolo est élue à la tête du pays. Elle nomme comme Premier ministre un militaire à la retraite qui va à la messe le dimanche et semble faire l’unanimité. Suite à un référendum, elle instaure le Green New Deal.
Au moment où cette dictature s’installe, Samuel doit fuir car il est sur la liste des délinquants de l’environnement. Vite, il remplit la bagnole et se sauve direction l’Aubrac. Car Samuel ne veut pas assumer ses erreurs passées et préfère se planquer. Il est poursuivi par des drones de l’AIR (Artificial Intelligence Research (en anglais c’est mieux, ça donne de meilleurs acronymes)). Le scénario de la fuite est totalement improbable. On ne sait rien de ce qu’en pensent les autres membres de la famille qui suivent papa sans broncher (vous en connaissez-vous des ados qui se laissent confisquer leur téléphone portable sans la moindre opposition?).
Heureusement, sur l’Aubrac ils ont un buron rénové du sol au plafond (triple vitrage) et 100 % vert. Ils ne vont pas se taper la rénovation tout de même, faut pas exagérer. Le bois les attend probablement puisqu’il n’ont plus qu’à allumer le poêle en arrivant et à déguster un gigot… On ne sait pas pourquoi les gens du village acceptent de les planquer.
Grâce aux achats cartes bleues, aux recherches Internet et toutes les traces laissées par notre société informatisée, la police écologique traque les méchants surconsommateurs qui vont à l’encontre des lois écologiques (rétroactives, bien sûr). Elle distribue les malus et les amendes et s’il le faut les stages d’approfondissement de la matière. Le nouveau gouvernement édicte des lois, écologiques bien sûr. Par exemple l’interdiction du divorce « L’un des pires actes antiécologiques parce que ça double tout : machine à laver, voiture, télévision… ».
Attendez, ne partez pas, il y a mieux !
Le saucisson, un aliment écoresponsable car il optimise le cochon…
Et là je me demande : c’est une blague ? Une parodie ? Est-ce que l’accumulation de lois débiles a pour but de discréditer la dictature ou l’écologie ou les deux ? Est-ce que ça a du sens de limiter l’accès à Internet à 15 minutes par jour et par personne ?
J’ai terminé le roman mais je n’ai pas les réponses. Je divulgâche la fin puisque je ne vous conseille pas de le lire. La présidente écolo prenait des bains en cachette et changeait de vêtements tous les jours (ah les femmes, toujours les mêmes!). Quand ce scandale est dévoilé, elle doit fuir et c’est la fin de la dictature verte (ouf, on a eu peur !). C’était dur mais quand même, ça a servi parce que les Français ont compris. Ils marchent désormais d’eux-mêmes sur le droit chemin (les braves bêtes).
Si vous souhaiter quand même lire Air, sachez que vous devrez supporter au moins quatre pages (mises bout à bout) d’écrits du pape François.
Comme l’indique la couverture, ils se sont mis à deux pour écrire ce roman sans intérêt qui s’empare d’un sujet tendance pour le transformer en divertissement débile. Aucun des deux auteurs n’a à l’évidence l’expérience de l’austérité prônée dans le roman. Ni réfléchi aux conséquences des lois édictées par la dictature verte.
Rien n’est intéressant dans ce roman car tout est superficiel, moralisateur et stéréotypé façon mauvaise série.
Air
Bertil Scali et Raphaël de Andréis
Michel Lafon, 2020
ISBN : 978-2-7499-4059-5 – 315 pages – 17,95 €
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