Daphné disparue de José Carlos Somoza

Juan Cabo, écrivain espagnol très célèbre, vient d’avoir un accident de voiture qui l’a rendu amnésique. Il ne sait plus rien ni de lui, ni des autres. Ce qu’il découvre de lui, il le lit sur la quatrième de couverture d’un de ses livres. Il lui reste également un paragraphe, écrit dans un restaurant juste avant l’accident. Il commence par ces mots : « Je suis tombé amoureux d’une femme inconnue ». Est-ce un début de roman ou une observation ? Pour tenter de savoir qui il est, Juan Cabo part à la recherche de cette femme.

Il commence par le restaurant où il a dîné qui a la particularité d’accueillir des écrivains et de leur fournir du papier pour qu’ils écrivent en mangeant. Et de conserver leurs écrits… Mais, comment est-ce possible, les autres écrivains ont écrit que ce soir-là, il n’y avait personne à l’endroit où se trouvait la femme aimée par Juan Cabo. Mauvais départ… mais début d’une intrigue aussi labyrinthique que littéraire, comme Somoza sait les écrire.

Juan Cabo engage un détective littéraire pour l’aider à retrouver la femme qui serait peut-être un modèle pour écrivain… une sorte de possible personnage. Parce que oui, il faut bien que les écrivains trouvent leurs personnages quelque part… Mais en côtoyant ladite modèle, Juan Cabo devient lui aussi modèle pour écrivain… vous voyez la mise en abîme ? Eh bien tout est comme ça dans Daphné disparue.

Qui est écrivain ? Qu’est-ce que l’inspiration ? Quel est le statut des personnages de roman ? Suffit-il qu’un écrivain invente un personnage pour qu’il existe ? Qu’est-ce qu’exister pour un personnage ? Et pour un écrivain ?

José Carlos Somoza réfléchit (beaucoup) à la création littéraire mais n’en fait pas un pensum. Ce roman, le premier traduit en français, est une enquête littéraire aux multiples rebondissements. Comme Juan Cabo, le lecteur est manipulé par plus malin que lui car une poupée russe en cache toujours une autre.

Les écrivains latino-américains et espagnols sont héritiers d’une tradition littéraire à la fois ludique et intellectuelle. Un roman comme Daphné disparue se lit donc comme un jeu et une expérience d’écriture, tout deux réjouissants. Je remercie donc Jostein de m’avoir suggéré cette lecture pour mes 20 ans de blog.

José Carlos Somoza sur Tête de lecture

 

Daphné disparue

José Carlos Somoza traduit de l’espagnol par Marianne Millon
Actes Sud, 2008
ISBN : 978-2-7427-7733-4 – 217 pages – 19 €

Dafne desvanecida, 2000

 

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24 réponses à « Daphné disparue de José Carlos Somoza »

  1. keisha41
  2. bulledemanouec671473c7
  3. je lis je blogue
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