Paris-Brest de Tanguy Viel

« Zut, c’est déjà fini… ». C’est ce que je me suis dit en tournant la dernière page de Paris-Brest de Tanguy Viel. C’était pourtant un livre papier et je voyais donc bien approcher le moment du point final, avec angoisse. Il faut bien l’avouer, j’avais encore en tête le formidable Article 353 du code pénal et j’attendais quelque chose, un retournement sans doute, qui n’est pas venu. J’ai cependant pris beaucoup de plaisir à lire ce court roman foisonnant.

Oui, court et foisonnant s’accordent ici car Tanguy Viel n’a pas besoin de faire long pour créer une ambiance et, il faut bien le dire, un imbroglio narratif et familial qui tient du suspens.

Nous sommes à Brest, ville « la plus affreuse de France » qui a vu naître l’auteur. Le lecteur le sait puisque c’est écrit sur la quatrième de couverture. À partir de là, on peut imaginer que Tanguy Viel a mis un peu de lui dans Paris-Brest, non ? Eh bien on va pouvoir imaginer et imaginer encore car il prend un malin plaisir à tout mélanger. Le narrateur (on ne saura son prénom que fort tard) raconte sa famille. Sa grand-mère d’abord. Morte ? Non… enfin si, ça dépend si on parle de la grand-mère du narrateur de Paris-Brest ou bien de celle du narrateur du roman qu’il écrit. Parce que celle-là est morte, c’est même par son enterrement que débute le roman. Tandis que dans Paris-Brest, elle est bien vivante. (Vous me suivez, je n’ai largué personne?)

La mamie en question vit dans un appartement de 160 m² donnant sur la rade de Brest. Comment ça, ça ne vous fait pas rêver ? Eh bien elle, si. Evidemment, c’est un peu grand… C’est aussi ce que pense sa fille (la mère du narrateur). Mais elle n’y peut pas grand-chose car elle doit quitter la Bretagne pour suivre son mari en Languedoc Roussillon (beurk!) car celui-ci a piqué dans la caisse du Stade Brestois dont il était le vice-président (le père de Tanguy Viel a-t-il été vice-président du stade brestois ?). Et pas qu’un peu : 14 millions. De francs, soit, mais quand même.

Je n’ai pas le talent de Tanguy Viel pour raconter les histoires. Mais sachez que ces 14 millions sont fort à propos contrebalancés par les 18 millions dont hérite la mamie (qui lui permettent donc d’acheter l’appartement avec vue sur la rade de Brest). Le pactole fait bien sûr des envieux et pas que dans le cercle familial. Il me faut donc vous parler du fils Kermeur (celui-là, on ne connaîtra pas son prénom), « ami d’enfance » du narrateur. Il est le fils de la femme de ménage du vieillard dont la mamie a hérité. Comprenez-moi bien : elle a hérité des 18 millions et de la femme de ménage. Qui a un fils : le fils Kermeur.

Merci à tous ceux qui auront eu la patience de me lire jusque là. Vous êtes méritants et tout à fait prêts à mon avis pour lire ce roman malin de Tanguy Viel, qui peut se lire en une matinée si vous lisez vite (ce n’est, très malheureusement, pas du tout mon cas). Vous en sortirez sans nul doute réjouis.

Tanguy Viel sur Tête de lecture

 

Paris-Brest

Tanguy Viel
Minuit (Double n°91), 2017
ISBN : 978-2-7073-2297-5 – 173 pages – 7 €

Parution originale : 2009

 

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45 réponses à « Paris-Brest de Tanguy Viel »

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