Les derniers jours de l’apesanteur

Fabrice Caro a la plume facile. En plus d’écrire les aventures d’Astérix, il publie des romans à un rythme digne d’Amélie Nothomb. C’est même inquiétant : va-t-il lui aussi nous raconter son père, sa mère, sa soeur ? Non, pas encore. Mais on ne peut pas dire qu’il se renouvelle beaucoup. Dans un roman de Fabrice Caro, on sait qu’on va trouver un homme peu en phase avec ses semblables. Un homme qui n’est pas au bon endroit, qui voudrait être ailleurs mais ne trouve pas les mots ni la volonté nécessaires. Qui a ainsi laissé le temps passer. Un loser. Mais un loser sympathique et attachant qu’on aime retrouver. Dans Les derniers jours de l’apesanteur cependant, le narrateur est un adolescent. La recette va-t-elle fonctionner ?

Globalement oui. Le style et le ton sont indéniablement du Fabrice Caro. Daniel est en Terminale scientifique. Il ne sait pas ce qu’il va faire de sa vie. Son principal centre d’intérêt se nomme Cathy Mourier qui l’a largué et n’a désormais d’yeux (et langue !) que pour un certain Gilles. Ses camarades n’ont pas beaucoup plus de succès en amour. Ils jouent les désabusés mais ils sont comme lui à fleur de peau. Ils sont bien sûr tous bourrés d’hormones qui les travaillent.

Les derniers jours de l’apesanteur raconte donc la dernière ligne droite avant la fin de l’adolescence, si tant est que les personnages masculins de Fabrice Caro en sortent un jour. L’époque est celle de la fin des années 80, exactement celle où j’étais moi-même au lycée. Toutes ses références, même les plus ringardes me parlent donc, tout est souvenir. Ce qui donne bien sûr une saveur particulière au roman, celle de la nostalgie. Tous ces jeunes gens si pressés de sortir de l’adolescence, on a envie de leur dire de prendre leur temps…

L’humour fonctionne toujours, un humour tendre qui ne craint pas le comique de répétition. Le ton est juste également : on n’a aucun mal à imaginer ces adolescents. Cependant le roman se traîne un peu car il ne se passe finalement pas grand-chose dans la vie de Daniel. Certains « événements » semblent même faire bouche-trous.

On est donc loin de son meilleur roman à mes yeux, Le discours. Depuis quelques années, les romans de Fabrice Caro ronronnent gentiment, mais quelque chose s’est perdu.

Fabrice Caro sur Tête de lecture

 

Les derniers jours de l’apesanteur

Fabrice Caro
Gallimard (Sygne), 2025
ISBN : 9782073121493 – 224 pages – 20 €





43 réponses à « Les derniers jours de l’apesanteur de Fabrice Caro »

  1. bulledemanouec671473c7
  2. luocine
  3. Violette
  4. gambadou

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