La ferme des animaux de George Orwell

Un vieux cochon respecté fait un discours devant les animaux de la ferme de Mr Jones tous assemblés. Il leur explique qu’ils vivent comme des esclaves, qu’ils sont exploités par les humains sans bénéficier des fruits de leur travail. Ils pourraient pourtant eux aussi profiter des richesses qu’ils créent en s’affranchissant de la domination des hommes. Ils le peuvent, ils en ont les capacités. 

La révolte a lieu peu après ce discours car le fermier ne s’occupe pas correctement de ses bêtes qu’il délaisse au profit de la boisson. Les animaux alors prennent le pouvoir. Ils s’empressent de brûler les instruments de la domination (les chaînes, les cordes, les mors, les fouets…).

Dans la liesse, ils se dotent d’un hymne fédérateur intitulé Bêtes d’Angleterre. Il explicite les valeurs communes. Ils adoptent aussi un drapeau et surtout des règles.

  • commandement no 1 : « Tout ce qui marche à deux pattes est ennemi » ;
  • commandement no 2 : « Tout ce qui marche à quatre pattes ou qui a des ailes est un ami » ;
  • commandement no 3 : « Nul animal ne portera de vêtements » ;
  • commandement no 4 : « Nul animal ne dormira dans un lit » ;
  • commandement no 5 : « Nul animal ne boira d’alcool » ;
  • commandement no 6 : « Nul animal ne tuera un autre animal » ;
  • commandement no 7 : « Tous les animaux sont égaux ».

Les moutons résument alors le tout d’une formule : « Quatre pattes, bon ! Deux pattes, pas bon! ». Les animaux sont invités à apprendre à lire et à écrire, mais devant la difficulté, beaucoup renoncent. Enfin les animaux bénéficient du fruit de leur travail, de rations justes. Champion, le cheval de trait, fait figure d’ouvrier modèle car il va au-delà de ses forces. Il travaille toujours plus et ne remet jamais rien en question.

Mais trois jeunes verrats ne tardent pas à avoir de l’ascendant sur les autres animaux : le gros Napoléon, le sympathique Boule de Neige et Baratin le malin. Ils érigent un nouveau concept en -isme, l’animalisme : une belle utopie égalitaire.

L’apathie des autres encourage les cochons à prendre le dessus : durant les assemblées des premiers temps de la révolution, ils sont donc les seuls à prendre la parole et à faire des propositions. Dès le début, ils subtilisent le lait, puis les pommes, pour leur propre consommation. Mais c’est normal, il faut être bien nourri pour réfléchir…

Peu à peu tout les avantages disparaissent au seul profit des cochons : plus de votes, plus d’assemblées et moins de nourriture pour toujours plus de travail. A celui qui doute et demande des comptes, on dit qu’il se trompe. Bientôt, Boule de Neige est évincé et Napoléon l’autoritaire prend sa place. Il s’entoure alors de chiens pour faire régner l’ordre et de Baratin pour organiser le mensonge d’État et modifier le passé. Puis viennent les purges, en forme de procès de Moscou.

On sait que La ferme des animaux est une critique du régime soviétique écrite par un homme qui y a cru. A partir d’une idée généreuse, tous les mécanismes d’un régime autoritaire se mettent en place. Les principales raisons de l’échec de la belle utopie de départ sont deux, je pense : une classe qui prend le pouvoir et toutes les autres qui se laissent guider sans protester. Voici ce qu’écrit Orwell :

Bien sûr, j’ai conçu ce livre en premier lieu comme une satire de la révolution russe. Mais, dans mon esprit, il y avait une application plus large dans la mesure où je voulais montrer que cette sorte de révolution (une révolution violente menée comme une conspiration par des gens qui n’ont pas conscience d’être affamés de pouvoir) ne peut conduire qu’à un changement de maîtres. La morale, selon moi, est que les révolutions n’engendrent une amélioration radicale que si les masses sont vigilantes et savent comment virer leurs chefs dès que ceux-ci ont fait leur boulot. Le tournant du récit, c’est le moment où les cochons gardent pour eux le lait et les pommes. Si les autres animaux avaient eu alors la bonne idée d’y mettre le holà, tout se serait bien passé.

Camarades : il ne faut pas se laisser faire ! Il faut protester, réclamer ses droits et donc ne jamais céder devant l’autorité d’un seul. Qu’on se le dise.

 

La ferme des animaux

George Orwell traduit de l’anglais par Clotilde Meyer, lu par Julien Allouf
Editions Thélème, 1 CD : 3 heures 11, 17 €

Animal Farm. A Fairy Story, parution originale : 1945

 

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17 réponses à « La ferme des animaux de George Orwell »

  1. nathalie
  2. je lis je blogue
  3. keisha41

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