L'année du lion

Nico, 13 ans et son père Willem Storm errent dans une Afrique du Sud désertée. Ils ont encore quelques réserves, trouvent parfois une boutique ou une maison qui n’a pas encore été pillée. C’est relativement simple moins d’un an après la pandémie de coronavirus qui a décimé 95 % de l’humanité (le roman date de 2016…). Mais Willem Storm espère bâtir une communauté avec ceux qui restent. L’année du lion est l’histoire de cette communauté et de l’assassinat de son fondateur.

On le sait dès le début, Willem Storm, fondateur d’Amanzi va être assassiné. Nico écrit ses mémoires, qu’il mêle à des témoignages, alors qu’il a 47 ans et qu’il a découvert bien des choses sur son père. Il raconte Amanzi, cette communauté dont Willem a rêvé comme d’un nouveau départ pour l’humanité. C’est un philosophe des Lumières et un humaniste, un homme de bibliothèque qui doit se faire dirigeant, chef et décideur. Il est le grand personnage du roman que le lecteur n’approche qu’à travers les yeux de son fils qui l’admire mais qui, adolescent, lui en veut souvent.

L’homme fort, c’est lui Nico car Willem est incapable de tuer une mouche. Pas facile dans ces cas-là de résister à une bande de chiens affamés et pire, à des pillards à moto sans foi ni loi. Parce que tous les survivants ne sont pas aussi généreux que Willem Storm…

Mais à 13 ans, Nico n’est qu’un enfant. Il se trouve un mentor en la personne de Domingo, forte personnalité arrivée d’on ne sait où. Chef des forces spéciales qui défendent Amanzi contre les clans de pilleurs, il est en conflit constant avec le pasteur. Il est cynique, calculateur et froid, tout le contraire de Willem. Pourtant c’est ensemble qu’ils dirigent et protègent Amanzi.

On suit donc les relations père-fils et la vie de la communauté. Répartition des biens, des tâches, espoirs, oppositions, conflits… : c’est classique mais bien fait grâce à des personnages très bien campés. Comme il se doit ils sont tous très différents et leurs parcours témoignent de la diversité des possibles. Leurs différences sociales, ethniques, culturelles permettent à l’écrivain de souligner la difficulté à les fédérer. Ils ne sont cependant pas caricaturaux et Deon Meyer parvient même à surprendre avec son personnage de pasteur.

Les 640 pages ne sont cependant pas exemptes de longueurs, comme par exemple les longs développements sur le fonctionnement d’un avion.

Habilement, le roman se relance au moment de l’assassinat pourtant annoncé. Deon Meyer fait rebondir l’intrigue jusque des révélations inattendues.

Je découvre Deon Meyer avec L’année du lion, un roman original dans son œuvre puisqu’il écrit d’habitude des polars. Je l’ai écouté impeccablement lu par Éric Herson-Macarel et ne regrette pas les presque vingt heures passées en Afrique du Sud, où il neige au mois d’août.

 

L’année du lion

Deon Meyer traduit de l’anglais et de l’afrikaans par Catherine Du Toit et Marie-Caroline Aubert
Le Seuil, 2017
ISBN : 978-2021365085 – 640 pages – 23 €

Koors, parution originale : 2016

 

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38 réponses à « L’année du lion de Deon Meyer »

  1. je lis je blogue
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