Magali de Caryl Férey

Je n’avais jamais lu Carl Férey malgré les éloges que chacun de ses romans remportent. Mais voilà qu’il a choisi pour titre de son dernier livre le prénom de ma fille aînée. Je savais qu’il était question de féminicide cependant et que sa Magali était la victime bien sûr. Je savais aussi qu’il sortait avec ce texte de ses polars habituels, ancrés dans des pays lointains, s’essayant au fait divers. Enfin, je lis beaucoup de faits divers, voilà donc de nombreuses raisons de découvrir Magali de Caryl Férey. Malheureusement, la rencontre ne s’est pas bien passée.

Caryl Férey apprend la mort de Magali Mangin, assassinée par son mari. Ce féminicide-là, parmi tant d’autres, retient son attention car il a eu lieu dans le village breton où il a grandi. Il se sent concerné et décide d’en savoir plus.

Magali ne devait pas devenir un simple nom sur la liste morbide des féminicides, il y avait quelque part une vérité que je devais trouver.

Avant même ces quelques lignes, le lecteur comprend que Caryl Férey va beaucoup se livrer dans ce texte. Qu’il va détailler sa quête. Et là bien sûr, une petite lumière s’allume dans mon cerveau de lectrice. Un écrivain qui mène son enquête sur un fait divers en l’assaisonnant d’épisodes autobiographiques, je connais et j’adore son meilleur représentant en France : Philippe Jaenada.

Sauf que l’enquête de Caryl Férey n’avance pas, lui-même le constate. Car il ne trouve rien d’autre que ce que les journaux ont relaté. Pas de témoins et les gendarmes restent muets. Rien à se mettre sous la dent. Alors il raconte son enfance et son adolescence à Monfort-sur-Meu (les 2/3 du livre) et franchement je m’en fiche. C’est très long. Il se plaît à se peindre en bad boy punk, fêtard, pas bon à l’école, fumant des joints parce que c’est cool.

Je voulais lire une enquête qui ferait revivre Magali le temps d’un livre, qui m’expliquerait son parcours, pas la jeunesse de Caryl Férey. Parfois, ce genre de mélange fonctionne, en témoigne Jaenada, mais pour ce qui est du style (qui fait supporter les interminables digressions du maître), on en est loin. Il y a certes des touches d’humour, mais aussi des choses assez étranges comme le choix de surnoms pour désigner les différentes personnes que l’auteur côtoie : Girafe Tranquille, Prince du Donjon, Valky Rit, Poupée de Sang… Je n’ai pas compris le pourquoi des surnoms ni même s’ils sont censés être drôles.

On en apprend plus sur l’assassinat de Magali à la toute fin mais pas grâce à l’enquête de l’auteur, grâce au témoignage de l’avocat de son assassin de mari.

Je crois que quand un écrivain se rend compte que son sujet est trop maigre, il devrait l’abandonner. A moins qu’il n’ait l’immense talent d’écrire pour ne rien dire tout en captivant son lecteur. Je me demande pourquoi cet auteur sort de son registre habituel pour écrire ce texte vraiment médiocre. Je ne peux m’empêcher de penser que surfer sur les sujets d’actualité arrive à tout le monde, même aux meilleurs, mais que la réussite n’est pas toujours assurée.

Bref, si je meurs assassinée par mon conjoint, je préférerais que Caryl Férey ne s’intéresse pas à mon cas.

 

Magali

Caryl Férey
Robert Laffont (La Bête Noire), 2024
ISBN : 978-2-221-26928-2 – 175 pages – 19 €

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38 responses to “Magali de Caryl Férey”

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