les ombres de la vallée de Viveca Sten

Poursuivons notre périple dans le polar scandinave avec une auteure à succès, semble-t-il. La série « Daniel Lindskog et Hanna Ahlander » a été adaptée par Netflix, ce qui est certainement une bonne chose pour Viveca Sten. Les ombres de la vallée est le deuxième tome de la série, ce qui n’est pas un problème pour commencer puisqu’une allusion après l’autre, le lecteur reconstitue les éléments importants du premier opus.

Nous sommes à Are, en Suède, non loin de la frontière norvégienne. Un corps est découvert ligoté dans la neige, probablement battu à mort. Les inspecteurs Daniel Lindskog et Hanna Ahlander n’ont aucun mal à établir qu’il s’agit du cadavre de Johan, un ancien champion de ski reconverti dans la plomberie. C’est bien simple : tout le monde l’adore. Un gars gentil, serviable, toujours gai, adorant la vie. Et bien sûr des amis à la pelle et une femme aimante. Il y a bien son collègue, trop porté sur l’alcool, qui a l’air louche… enquêtons de ce côté-là…

Mais alors qu’on enquête, surgissent des chapitres consacrés à une certaine Rebecka, mariée à 18 ans au pasteur de la secte à laquelle elle appartient ainsi que ses parents. Il est beau, admiré de tous : Rebecka a de la chance. Elle est surtout naïve et la vie va se charger de la déniaiser. Car comme il convient à Dieu, le beau pasteur la séquestre et bientôt, la frappe.

Vous voulez savoir ce que Rebecka a à voir avec l’enquête des deux inspecteurs ? Je ne vous le dirai pas mais je ne suis pas certaine qu’il soit nécessaire de le savoir. Au sens où la lecture de ce roman me semble tout à fait dispensable. Je l’ai trouvé très laborieux et démonstratif.

Oui, les hommes qui battent leur femme, c’est mal. Oui, les sectes broient les individus. Oui, une inspectrice qui se consacre aux violences faites aux femmes, c’est bien. Et oui, la vie personnelle des flics est minée par leur travail. Et patati et patata.

Parlons donc de la vie domestique des uns et des autres. Hanna s’est fait salement larguée, sa vie amoureuse est en miette, sa maman ne l’aime pas, elle a une sœur super. Daniel vient d’être père mais oh la la qu’il est difficile de conjuguer la vie de jeune papa et la vie de flic. Pourtant il aime sa fille et sa compagne, mais le devoir passe d’abord, ben oui. Il y a dans l’équipe, pour faire bonne mesure, un homosexuel qui n’a pas encore fait son coming out et qui la veille de la découverte du corps a couché avec un témoin important de l’enquête. Zut alors, c’est pas de bol, il ne va plus pouvoir le revoir. Ah mais quand même, c’est un super coup et il en a envie. Bref, c’est un horrible dilemme.

À force de maladresses et de situations vues et/ou lues mille fois, Les ombres de la vallée perd peu à peu de son intérêt. De plus, Viveca Sten semble penser que pour entretenir un suspens insoutenable, il faut mettre son héroïne Rebecka dans une situation dangereuse et l’y laisser pourrir pendant un nombre incalculable de chapitres. Lesquels chapitres sont entrecoupés de couches culottes que Daniel ne sait pas gérer et des scrupules d’Anton qui fait le pied de grue devant l’immeuble de son bel amant. Que tout ça est long et inutile !

Un roman pour un hiver polar et l’Europe de Cléanthe.

 

Les ombres de la vallée

Viveca Sten traduite du suédois par Anna et Amanda Postel
Albin Michel, 2023
ISBN : 9782226462121 – 496 pages – 21,90 €

Dalskuggan, parution originale : 2021

 

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36 réponses à « Les ombres de la vallée de Viveca Sten »

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  4. Marie GILLET
      1. Marie GILLET
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