Voilà bien trois semaines qu’on nous rebat les oreilles avec le-dernier-houellebecq. On ne connaissait pas encore le titre que le sujet était déjà chaud bouillant. C’est à l’évidence le livre dont il faut parler pour être dans le coup

Mais où est la littérature ?

Parce qu’on nous dit que Houellebecq est le plus grand auteur français aujourd’hui, le plus traduit, le plus commenté…etc. Autant La possibilité d’une île m’a éblouie, autant La carte et le territoire m’a doucement fait rigoler : c’est ça la littérature française aujourd’hui ?

Alors. La littérature doit-elle être provocante ? Doit-elle parler de sujet d’actualité ?

Si c’est d’industrie du livre dont on parle, la réponse est évidemment oui. Les maisons d’édition, les libraires, les auteurs doivent vendre des livres et ceux qui marchent ce sont ceux qui font scandale. Parlons d’islam, de coucheries présidentielles, exaltons le conservatisme rampant mais bien vivant et ça fera du chiffre.

Houellebecq ne serait-il pas plus un phénomène qu’un écrivain ? Un peu comme le clou du spectacle qu’on sortirait pour prouver que les lettres françaises bougent encore. Un singe savant. Lui qu’on essaie de nous faire passer pour le comble de la provocation…

Savant ou pas, le singe fait peur. Les éditions du Seuil retardent la parution du livre de Régis Jauffret parce qu’il ne veut pas se contenter des miettes de la critique. Attendre que l’orage passe et quand il y aura à nouveau des cacahuètes pour tout le monde, tenter de revenir sur le devant de la scène médiatico-littéraire.

Et c’est ce qui m’agace : l’agitation de quelques journalistes qui couvrent de leur vacarme moutonnier une production riche d’harmonies diverses. Au final, il y aura des livres dont on n’entendra jamais parler parce qu’il faut parler du dernier Houellebecq et tous les autres, TOUS les autres passent après (bon, il y a aussi Virginie Despentes, qui s’y connaît question provoc…).

Ces mêmes journalistes reproduisent sur les supports en ligne de leurs journaux le même blabla castrateur. C’est avéré désormais : le web social vient au secours de tous ceux qui fuient les tendances et privilégient la diversité.

Nous avons la chance d’avoir d’une part, une littérature française riche et éclectique, d’autre part, des éditeurs qui traduisent des auteurs issus d’horizons géographiques multiples. Sachons en profiter.

Voici ma sélection (ouvrages à paraître en janvier et février 2015)

  • Prends garde, Milena Agus et Luciana Castallina (Italie), Liana Levi
  • Toutes les vagues de l’océan, Victor del Árbol (Espagne), Actes Sud
  • Monsieur Mozart se réveille, Eva Baronsky (Allemagne), Piranha
  • Intempérie, Jesús Carrasco (Espagne), Robert Laffont
  • Sur le rivage, Rafael Chirbes (Espagne), Rivages
  • Six fourmis blanches, Sandrine Collette (France), Denoël
  • Londres après minuit, Augusto Cruz (Mexique), Bourgois
  • Aucun homme ni dieu, William Giraldi (USA), Autrement
  • LoveStar, Andri Snaer Magnason (Islande), Zulma
  • Les 33, Héctor Tobar (USA), Belfond

Je vous souhaite de très belles lectures 2015, riches et variées.





69 réponses à « Houellebecq singe savant »

    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
  1. Brigitte
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
  2. Athalie
    1. Sandrine
  3. vivelaroseetlelilas
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
  4. Dorothée Elleouet via la page Facebook Tête de lecture
  5. Alex-Mot-à-Mots
    1. Sandrine
  6. Céline
    1. Sandrine
    1. Sandrine
  7. Sophie Delaunay via la page Facebook Tête de lecture
  8. Dorothée Elleouet via la page Facebook Tête de lecture
  9. Edea
    1. Sandrine
    1. Sandrine
    1. Sandrine
  10. keisha
    1. Sandrine
      1. kesiha
    1. Sandrine
  11. Cachou
    1. Sandrine
    1. Sandrine
  12. Syl.
    1. Sandrine
    1. Sandrine
  13. Marilyne
    1. Sandrine

Laisser un commentaire



Recevez des nouvelles de Tête de lecture par mail